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Le Tabagisme Passif

 

La fumée de cigarettes est-elle vraiment dangereuse pour les non-fumeurs?

 
Le tabagisme passif augmenterait le risque de cancer du poumon de 20%. Une conclusion à laquelle le CIRC arrive pour la première fois. Les experts n'ont toutefois pas établi de lien entre l'exposition des enfants au tabagisme de leurs parents, et notamment à celui de leur mère avant la naissance, et le développement de cancers dans l'enfance. En revanche, ces enfants présentent de plus grands risques de cancers du poumon ou d'ailleurs à l'âge adulte.

La fumée secondaire (aussi appelée fumée de tabac dans l'environnement ou FTE) se compose de : 

  • la fumée exhalée par le fumeur
  • la fumée qui se dégage de la cigarette qui brûle
  • les contaminants libérés dans l'air pendant que le fumeur prend une bouffée 
  • des substances qui traversent le papier à cigarette et l'extrémité de la cigarette qui entre dans la bouche entre les bouffées.

L'Environmental Protection Agency des États-Unis a déclaré que la FTE appartenait à la catégorie de substances qu'on appelle des carcinogènes de catégorie «A». Son opinion scientifique est que la FTE est un carcinogène pour les humains et provoque des cancers du poumon chez les non-fumeurs. Au canada, plus de 300 décès à la suite de cancers du poumon sont causés par la FTE. Au Etats-Unis on dénombre 30 à 40.000 morts par an à cause de la TFE.

La FTE a des effets petits mais importants sur la capacité des non-fumeurs de respirer, y compris une réduction de la fonction ventilatoire et une augmentation de la toux, une production excessive d'expectorations et des malaises pulmonaires. 

Les preuves s'accumulent de plus en plus que l'exposition à la FTE accroît le risque de décès par suite d'insuffisance coronarienne chez les non-fumeurs. Les chercheurs des É.-U. ont estimé que la FTE tue jusqu'à dix fois plus de non-fumeurs par suite de maladies cardiaques que de cancers du poumon. 

Le tabagisme passif augmente le risque d'accident coronarien de 47% en moyenne et ce surtout chez les femmes de même que chez ceux qui étaient exposés sur leur lieu de travail. Si on a un collègue fumeur et un conjoint fumeur, le risque est multiplié par 2.

En résumé, pour un non-fumeur, vivre avec un fumeur augmente d'environ 15% le risque de mortalité.

 

Sources: 


U.S. Department of Health and Human Services. Respiratory Health Effects of Passive Smoking: The Report of the U.S. Environmental Protection Agency. Public Health Service, National Institute of Health, Environmental Protection Agency, 1993. 

Wells, A.J. (1994) Passive Smoking as a Cause of Heart Disease. Journal of the American College of Cardiology, 24, 546-554.

 

Un peu moins de 30% de la population belge de plus de 18 ans fume. La majorité de vos concitoyens ne fume donc pas. Ce qui ne leur garantit malheureusement pas toujours un environnement sans fumée. On estime même qu'un non-fumeur qui reste une journée dans un espace fumeur inhale l'équivalent de 2 à 3 cigarettes sans filtre ! Or, on le sait, la fumée du tabac est non seulement gênante, mais aussi nocive pour la santé. Protéger les non-fumeurs est donc nécessaire. Après l'interdiction de fumer sur les lieux de travail et dans les lieux publics, dès janvier 2007, ce sera aussi le cas, en partie, dans l'horeca. C’est cependant encore insuffisant, comme le confirment les résultats de nos mesures.

On connaît bien en général les conséquences sur la santé liées au fait de fumer. Par contre, celles liées au tabagisme passif ont plus de mal à être reconnues. Pourtant, chaque année en Belgique, 2 133 adultes décèdent des suites du tabagisme passif subi à la maison, sur le lieu de travail ou dans l'Horeca.

Chez l’enfant, une augmentation du risque d'otite a été clairement démontrée. Les jeunes enfants et les bébés sont les plus sensibles : en fumant, une maman double le risque de mort subite du nourrisson pour son enfant. Même dans le cas où la mère ne fume pas elle-même, les risques pour son bébé augmentent dès qu'elle vit dans un milieu de fumeurs (petits poids à la naissance, retard de croissance prénatale, etc.).

Et ces risquent sont d’autant plus importants que l’on partage la vie de gros fumeurs ou, pour les enfants, quand les parents fument. À noter aussi que certains sont plus sensibles que d’autres : les nouveau-nés, les personnes cardiaques ou souffrant d'affection des voies respiratoires

Des mesures confirment pour une part les résultats d'études similaires : la quantité de particules mesurée dans un établissement où l'on fume (dont un café où l'on a mesuré une valeur moyenne de 1 627 µg/m³ et un pic jusqu'à 7 500 µg/m³), est plus élevée que dans un établissement où l'on ne fume pas (5 µg/m³). La teneur peut donc varier de 1 à 542 ! Et cela vaut aussi pour les mesures prises sur les lieux du travail. Dans un bureau non-fumeur, la valeur en PM2,5 est de 3-13 µg/m³ au lieu de 592 µg/m³, avec un pic à 5 500 µg/m³, dans un local fermé pour fumeurs, pourtant équipé d'un système de ventilation !

la seule solution pour protéger les non-fumeurs du tabagisme passif est de leur réserver un local fermé aux fumeurs.

Sources:  Test-Achats enquête 06/2006.