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Parmi les plus de trente composants retrouvés dans la fumée de cigarette et associés à un effet négatif, le monoxyde de carbonne (CO) et la nicotine sont les deux plus importantes, et celles qui sont au centre de l'attention dans la littérature obstétrique et gynécologique. Le monoxyde de carbone est un gaz incolore et inodore. Son affinité pour l'hémoglobine est 20 fois supérieure à celle de l'oxygène. Il se lie à l'hémoglobine pour former la carboxyhémoglobine, une substance qui réduit la capacité du sang à transporter l'oxygène. La nicotine agit à la fois sur le système nerveux central et sur le système cardiovasculaire. C'est son influence sur le système nerveux qui est à l'origine de son effet d'accoutumance. L'effet cardiovasculaire résulte d'une stimulation directe de certains récepteurs qui provoquent la libération de plusieurs substances vasoactives. |
La proportion de fumeuses parmi les femmes enceintes dépasserait 20%. Parmi celles-ci, 18% seulement étaient capables de s'arrêter de fumer durant la grossesse.
| Les études animales chez des rats ont démontré que la nicotine passe très rapidement de la mère au placenta pour se concentrer dans le foetus. En général, les concentrations foetales de nicotine sont 15% plus élevées que les concentrations plasmatiques matrenelles. Les études animales ont démontré que la nicotine peut, à doses élevées, avoir un effet tératogène, sous forme notamment d'anomalies squelettiques, de fissure palatine ou d'anomalies du développement cérébral. Un retard de croissance a été observé chez des modèles rats et lapins. Le cadmium, une autre substance que l'on retrouve également dans la fumée de cigarette, influence le développement placentaire chez le rat. Dans d'autres études, une perfusion de nicotine a induit une réduction de la circulation sanguine utérine, une acidose et une hypoxie foetales. |
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L'effet du tabac durant la grossesse chez l'homme a été bien étudié lors de grandes études épidémiologiques. Vu la composition complexe de la fumée de cigarette, il est difficile d'identifier le mécanisme précis qui est responsable de l'inflence négative sur la grossesse. On sait que la nicotine, le monoxyde de carbone et le cyanure influencent le métabolisme de nombreuses vitamines. Des concentrations élevées de cyanure sont associées à de faibles poids de naissance. Chez l'homme aussi, la concentrationde nicotine dans le liquide amniotique est beaucoup plus élevée que dans le sérum maternel. Une intoxication à la nicotine est démontée chez les nouveau-nés issus de femmes fumant plus de 25 cigarettes par jour. La nicotine est également excrétée dans le lait maternel. Il y aurait une diminution des mouvements respiratoires du foetus de même qu'une accélération du rythme cardiaque dans les 5 minutes suivant la consommation d'une cigarette.
Les issues périnatales négatives sont bien connues chez les fumeuses, mais les malformations sont plutôt rares. Le risque de bec de lièvre ou de fissure palatine est majoré, mais probablement de manière non cliniquement significative. Trois études ont objectivé une incidence légèrement accrue des anomalies cardiaques congénitales. D'autres, par contre, montrent un risque de fausse couche majoré de 1.2 à 1.7 fois par rapport aux non-fumeuses.
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Le tabagisme est associé à diverses anomalies, notamment placenta praevia, rupture placentaire, malformations placentaires, mortalité périnatale, fausse couche, faible poids de naissance, et retard de croissance intra-utérine. Chez les fumeuses, la rupture des poches serait plus fréquente et dose-dépendante. Le poids du placenta ne serait pas significativement différent chez les fumeuses et les non-fumeuses, mais le rapport entre le poids du placenta et le poids de naissance est plus élevé chez les premières. Cela laisse supposer que l'hypertrophie placentaire est une réponse compensatrice à l'hypoxie foetale. Le tabac est associé à un plus faible poids de naissance et à l'accouchement prématuré. En général, le poids de naissance de l'enfant est inférieur de 200 gr chez les fumeuses. |
Les nouveau-nés de fumeuses ont un risque majoré de problèmes au niveau des voies respiratoires basses. Corrélation accrue également avec la mort subite du nourisson.
Dr Annick Druwé
Les cigarettes fumées durant votre grossesse augmentent le risque de diabète
et d'obésité pour votre enfant à naître !
Voici l'une des inquiétantes conclusions d'une vaste étude réalisée par l'équipe
du Dr Scott Montgomery, de Stockholm. A partir de données britanniques, les Suédois
ont en effet suivi 17 000 enfants nés entre le 3 et le 9 mars 1958. En parallèle,
ils se sont intéressés au tabagisme parental...
Grâce au résultat des examens effectués chez chacun des sujets à 7, 16 et... 33 ans, les auteurs ont recensé 28 diabétiques. Ces 15 hommes et 13 femmes ont développé un diabète de type 2 entre 16 et 33 ans. Pour les auteurs, son apparition n'est pas liée seulement au tabagisme de la mère. Ils ont en effet démontré que le fait de fumer relativement tôt - dès l'adolescence par exemple - favorisait l'apparition du diabète de type 2.
Ce n'est pas tout. Montgomery et son équipe ont aussi répertorié plus de 600 obèses parmi les individus qui avaient subi le tabagisme de leur mère. Soit au total, 10% de la population en question. Le risque d'obésité se trouverait donc augmenté de 38% par le tabagisme maternel durant la grossesse...
Il entraînerait en effet " une dérégulation du métabolisme, par toxicité directe ou malnutrition foetale ". En conséquence, " fumer durant la grossesse devrait toujours être fortement découragé ". Un conseil valable pour la future maman bien sûr. Mais aussi pour son entourage familial et professionnel...
Source :British Medical Journal, 5 janvier 2002